Dernière mise à jour: 08.05.21

 

Les marques de voitures chinoises ont du mal à s’imposer et ont, malgré elles, longtemps occupé une place discrète sur le marché européen. Toutefois, à ce jour, quelques filiales ont su développer leur capital de vente dans plusieurs pays d’Europe et s’annoncent plus que jamais prêtes à rivaliser avec la concurrence en proposant des modèles de véhicules de qualité.

 

Les marques qui ont désiré se lancer en Europe

L’Europe n’a pas toujours été hospitalière vis-à-vis des constructeurs d’automobiles chinois. D’ailleurs, dans les événements réservés à la vente de voiture en Europe, les marques de voiture chinoises n’y ont pas souvent été aperçues. C’est à Paris pendant les années 2004 et 2005 que les premières automobiles de chine ont fait leur apparition. 

La marque Shuanghuan avait participé au salon de Francfort et avait voulu dévoiler aux grands publics son 4×4 SUV SCEO, un modèle inspiré de la BMW X5 et sa voiture Noble de type citadine tirant son design de la fameuse Smart Fortwo d’origine allemande. Très confiante, malgré un accueil non chaleureux, elle désirait lancer ses 2 bijoux en espérant ainsi conquérir le cœur de plus d’un, mais en vain.

D’autres labels comme Brillance ou Landwind se sont également aventurés à découvrir le marché européen et à tenter d’y gagner une place. Leur projet respectif semblait prendre un bon envol, ce qui leur a même donné l’envie de faire appel à des importateurs et des concessionnaires pour pouvoir étendre leur business en Europe. Malheureusement, lors du salon de Francfort, la berline Brilliance BS6 a été soumise à un crash test par l’Automobile Club allemand ADAC et a donc subi un choc contre une barrière déformable. Le véhicule a présenté de nombreuses lésions suite à ce crash et n’a reçu qu’une seule étoile parmi les 5 proposées selon le niveau de protection des passagers.

En 2005, le SUV de Landwind obtient le même résultat désastreux après l’épreuve. Ainsi, à cause de leur mauvaise réputation, les 2 marques n’ont pas eu la chance d’exporter en Europe, tout comme les autres constructeurs chinois désireux de développer leur affaire dans le continent et qui ont échoué comme Jonway ou Geely. La voiture chinoise s’est donc fait coller une étiquette d’automobile non fiable comparée à une autre voiture asiatique et ne respectant pas les normes européennes.

Les marques qui ont failli y arriver

Malgré cette mauvaise image qu’un logo chinois ne représente pas toujours la meilleure marque de voiture, certaines enseignes ne se sont pas laissées décourager et ont continué à chercher d’autres moyens pour faire parler d’elles et pour accéder aux grands salons internationaux. Vers la fin de l’année 2007, Chery décide de collaborer avec la société israélienne Kenon Holdings pour concevoir l’automobile Chine Qoros 3, une berline qui promet un design innovant et une protection élevée des occupants. Le constructeur démarre son projet en Chine et s’entoure ainsi rapidement d’experts européens, professionnels dans le domaine de l’automobile afin de gagner la confiance de la clientèle. Une partie de la fabrication a été entreprise en Europe.

Le fruit de cette association est né en 2013 et la Qoros 3 est exposée au salon de Genève où elle reçoit 5 étoiles lors du crash test, une première pour les marques d’automobile chinoises. Qoros propose ensuite d’autres modèles comme sa berline Crossover et son SUV. Malgré un début prometteur et une affaire qui a bien marché en Slovaquie, cette marque de la Chine n’a pas réussi à atteindre les objectifs de vente qu’elle s’était fixée en Europe et à se débarrasser de son étiquette de voiture chinoise non sécuritaire. En parallèle, elle n’est pas sollicitée en Chine à cause de son prix jugé trop cher et inaccessible à tous les budgets. Par conséquent, en 2018, Chery finit par vendre ses parts à Baoneng, un expert chinois de l’autopartage, qui envisage à son tour de relancer Qoros sur le marché européen.

En outre, en 2007, Great Wall Motor, un constructeur automobile chinois basé dans la province de Hebei, obtient l’autorisation de produire des berlines et conçoit la Péri, une voiture ressemblant à la Fiat Panda dont la vente sera malheureusement interdite en Europe. Toutefois, en février 2012, la marque opère une collaboration avec Litex Motors et installe sa première usine d’assemblage de la berline C10, du SUV Hover et du pick up Steed à Baho Visa au nord de la Bulgarie.

Les modèles sont mis en vente dans quelques pays d’Europe notamment l’Italie, mais n’atteignent pas le succès voulu. Ne réussissant à vendre que 3500 véhicules environ de 2012 à 2015, Litex Motors, le principal investisseur de l’usine annonce donc sa faillite en 2017 entraînant ainsi la Greatwall à plier bagage.

 

Les 5 marques de voitures chinoises mises en vente en Europe

Face au fait qu’une marque de voiture chinoise n’est pas vue d’un bon œil en Europe à cause de son prix trop bas par rapport à la concurrence, les constructeurs chinois déjà installés depuis longtemps dans le continent choisissent de ne pas se mettre sous la lumière des projecteurs afin de continuer à faire marcher leur vente discrètement, mais sûrement. Parmi les marques de voitures de Chine disponibles en Europe figure la DR Motor, une entreprise fondée en 2006 et localisée en Italie qui rassemble des véhicules créés avec des éléments achetés chez la compagnie chinoise Chery. DR Motor a commencé par vendre le SUV DR5 composé de pièces Chery et d’électronique Bosch qu’elle a exposé pour la première fois dans un salon de Bologne.

Viennent ensuite le SUV DR3 et la DR1 en 2008, puis la DR2 en 2009, la DR City Cross en 2013 et La DR Zero en 2015. La compagnie finit par conquérir l’Espagne comme le cas du groupe chinois Dongfeng via sa division utilitaire DFSK ou Dongfeng Sokon basée dans le pays. DFSK a déjà vendu quelques véhicules utilitaires partout en Europe et a complété ses modèles avec une nouvelle gamme de voitures, Le DFSK Glory 580, un SUV de 7 places vendu sous le logo Fengguang en Chine. Vous pouvez apercevoir cette voiture chinoise en France.

Par ailleurs, le groupe chinois SAIC ou Shanghai Automotive Industry Corporation achète les marques Maxus et MG et démarre sa vente en Grande-Bretagne. Il y trouve un grand succès et les chiffres parlent d’eux même avec 10 000 voitures MG vendues en 2019. Pour les modèles Maxxus, ils sont d’abord diffusés en Asie avant d’être mis en vente en Europe sous le nom de LDV. SAIC multiplie ses initiatives à l’international par son système de coentreprise.

En outre, il y a également la marque automobile Borgward d’origine allemande qui a connu une renaissance en 2005 grâce à des capitaux chinois. Son SUV BX7 a été présenté en 2015 au salon de Francfort, puis Borgward a lancé une vente VIP pour ses fans en Allemagne en 2018. Obtenant un succès avec quelques véhicules vendus, elle a voulu séduire les acquéreurs luxembourgeois et a songé à installer son usine d’assemblage à Brême et diffuser ses modèles dans d’autres pays d’Europe tels que la Suisse ou encore l’Autriche. Toutefois, elle a fait face à des difficultés financières qui l’ont obligée à remettre sa conquête européenne à plus tard et à se focaliser sur la relance en Chine. 

Enfin, Airways clôture ce classement des constructeurs automobiles chinois opérant en Europe. La marque a vu le jour en 2017 et prévoit de lancer son SUV électrique, le U5, d’ici quelque temps. Ce modèle disposant d’une batterie de voiture de 63 kWh et d’un moteur de 140 kW sera disponible en Belgique en location. Elle est déjà sur la bonne voie pour vendre en Europe, mais le lancement du U5 a dû être reporté en raison de la pandémie du Coronavirus.

 

Les modèles européens produits en Chine

Il faut également savoir que plusieurs véhicules issus de marques européennes sont fabriqués en Chine. Parmi eux, il y a par exemple la Volvo avec sa berline S90 produite à Daqing. C’est donc une voiture de marque suédoise avec un design épuré et élégant. Elle est conçue en chine et est vendue partout en Europe. Il y a aussi la berline DS9 du groupe PSA.

Inspirée du Peugeot 508, elle a été élaborée en Chine et présentée au salon de Genève en mars 2020 afin d’être commercialisée dans plusieurs pays européens. De plus, BMW révèle en 2018 au salon de Pékin son SUV électrique iX3. Ce n’est pas une voiture chinoise, mais un véhicule importé de Chine qui a commencé à être commercialisé depuis la fin de 2020.

Les marques chinoises qui seront d’ici peu disponibles en Europe

À ce jour, il faut reconnaître que les constructeurs chinois font pas à pas leur entrée sur le marché européen en préparant leur assaut judicieusement. Si certains préfèrent prendre un peu plus de temps pour marquer leur coup, d’autres annoncent déjà leur arrivée avant la fin de l’année 2020 comme le cas la BYD qui souhaite introduire son SUV électrique Tang sur le marché norvégien bientôt. 

D’autres marques telles que Byton ou encore Wey du groupe Great Wall précisent également leur arrivée en 2021. En effet, le SUV chinois 100 % électrique MByte de Byton a été présenté au salon de Francfort en septembre 2019 et devrait être commercialisé en Europe vers la fin de 2021. Pour les SUV VV5 et VV7 de la marque chinoise de voiture Wey, ils seront aussi mis en vente sur le continent d’ici peu avec la ferme intention de diffuser des modèles électriques qui rivaliseront avec les marques européennes, japonaises et coréennes.

 

 

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